La Sony NEX-VG10 en tournage : Essais et commentaires

Un peu de technique

Pour mémoire, La VG10 est une caméra que l’on pourrait qualifier d’hybride, car elle reprend en partie le concept d’un appareil photo réflex (capteur APS-C et objectif interchangeable), tout en conservant l’ergonomie d’un caméscope classique. Comme sur un réflex, le zoom doit se faire manuellement, sans possibilité d’automatisme. Ceci dit, la bague de réglage est très fluide, et le zoom coulisse facilement ; Tellement facilement que si on penche la caméra vers l’avant, le zoom sort tout seul ! Il y a d’ailleurs un petit bouton sur le corps du zoom, pour bloquer celui-ci en position rentrée.

Malgré l’appréhension que pourrait susciter ce zoom manuel, il ne faut pas s’y tromper, la VG10 est une caméra orientée « grand public », ou plutôt « public amateur semi-averti qui n’a pas envie de toucher à 150 boutons avant d’obtenir une bonne image ». Plus sérieusement, cette caméra a une prise en main très facile, et il ne faut pas longtemps pour comprendre son fonctionnement basique. Bien sûr, les automatismes sont débrayables pour un réglage plus personnel. Il y a des prises casque et micro, mais uniquement en mini-jack, ce qui montre bien là encore que cette caméra n’est pas orientée « semi-pro ». Au dessus de la poignée, il y a une trappe amovible, donnant accès a 2 sabots type porte flash dont l’un est prévu pour recevoir des accessoires spécifiques de Sony.

Le micro interne de la VG-10 est vraiment de très bonne qualité. L’une des captations que j’ai réalisé était un concert d’instruments acoustiques sonorisé, enregistré depuis les 1ers rangs du public. N’ayant pas le son de la console, je me suis servi du son de la VG10, et le résultat est vraiment très satisfaisant ; pas trop de résonance, et une très bonne définition. Il faudra tout de même prêter attention à la manipulation du zoom, placé juste sous le nez du micro : quand le zoom arrive en butée trop rapidement, on enregistre le « poc » du contact. Il faut donc essayer de manipuler le zoom délicatement si on souhaite exploiter le micro interne de la caméra.

J’ai utilisé quasiment tout le temps cette caméra avec un trépied ; et le peu de fois ou je l’ai essayé « en mobile », j’ai trouvé ça pénible : Tout d’abord à cause du poids de l’objectif qui est considérable et a tendance à faire plonger la caméra vers l’avant. Et aussi car le corps de l’appareil ne semble pas trop avoir été conçu en fonction de ce déséquilibre des masses. Je n’ai jamais trop su comment la prendre, même la poignée qui surmonte l’appareil ne m’a pas paru faciliter la chose. Il y a sans doute un coup de main à prendre, que je n’ai pas trouvé pendant cette période de test.

J’en viens a ce qui m’a le plus gêné sur cette caméra : la mise au point. Pour les inconditionnels de la « map » manuelle, pas de soucis à se faire ; la grosse bague sur le corps de l’objectif rend le réglage très facile, il n’y a cependant pas d’indication à l’écran de la zone de map. En revanche, pour ceux qui comme moi, font davantage confiance à la caméra qu’à leur propre perception d’un contour net, c’est une autre paire de manche ; Quand le décor est plat, ça se passe pas trop mal, mais dès qu’il y a des éléments sur plusieurs plans, ou un arrière plan très éclairé, la map automatique ne sait plus trop quoi faire. J’ai remarqué qu’elle a toujours tendance à vouloir faire la map sur les éléments qui sont à l’arrière plan, ce qui est le plus souvent gênant. Les puristes vont me dire que faire la map en auto, c’est pas bien, mais faire une map manuelle sur un écran de 3 pouces (de très bonne qualité soit dit au passage), et sans indication visuelle de la zone de map, c’est risquer une image flou une fois sur deux (j’en ai fait les frais…). Après mes quelques heures d’utilisation, voici la parade que j’ai trouvé : quand je cherche mon cadrage, je laisse la caméra en map auto ; une fois que la caméra a trouvé le point, j’appuie sur le bouton « focus », puis je tourne la petite molette centrale pour passer en map manuelle, ainsi la map ne bouge plus ; au prochain changement de cadrage, je repasse en auto et ainsi de suite…J’avoue que cette technique est assez sportive et demande pas mal de dextérité quand on est en pleine captation. A force d’utiliser la caméra, on fini aussi par connaître à l’avance les cadrages qui poseront problème à la map auto.
Au passage, il est possible de brancher un écran externe hdmi (prise mini-hdmi), notamment pour aider a la mise au point manuelle.

La caméra possède apparemment un bon viseur, inclinable. Je ne ferais pas de commentaire dessus, car je ne m’en sers quasiment jamais sur une caméra (encore une mauvaise habitude…).

Qualité de l’image

Tout est affaire de gout, mais pour moi, l’image de cette caméra est vraiment excellente. Je retrouve les qualités de mon réflex : maîtrise de la profondeur de champ, bonne aptitude à filmer en basse lumière. D’ailleurs mon achat personnel se serait porté sur cette caméra plutôt qu’un réflex si cela n’avait pas été une question de budget.

J’ai souvent entendu dire que les caméras Sony avaient des couleurs un peu terne, mais elles m’ont paru plutôt neutres et réalistes. A coté, celles de mon réflex (un canon 600D) m’ont paru un peu trop éclatantes. A savoir que le style d’image et des couleurs peuvent être personnalisés.

J’avais aussi entendu dire que cette VG10 manquait de luminosité malgré son « grand » capteur, pénalisée par son objectif standard qui n’a pas une ouverture extraordinaire. Cette critique n’est pas vraiment justifiée : Une de nos captations s’est faite dans une église, sans éclairage autre que celui disponible, donc assez sombre ; Ma femme tournait avec notre réflex, et moi avec la VG10. J’ai été assez surpris de voir que la Sony s’en est mieux sortie que mon réflex : ce dernier nous ayant donné des images avec un peu plus de grain. Comme quoi, comparer sur le papier, ça ne suffit pas.

Exemple d’utilisation

Avis aux possesseurs d’un réflex, la Sony VG10 fait vraiment très bon ménage avec ce dernier. Nous avons fait plusieurs captations avec ma femme, et nous avons été enthousiasmés par l’utilisation de ce couple Sony VG10 / canon 600D ; L’inconvénient du réflex, c’est sont incapacité à jongler facilement avec le zoom et la mise au point en cours d’enregistrement. Nous avons donc utilisé celui-ci pour faire un plan large, sans mouvement, et la VG10 se chargeait de faire les plans plus rapprochés et variés ; Idéal pour faire une petite captation simple et rapide. Pour l’une de ces captations, j’ai aussi utilisé mon enregistreur (un Olympus LS5), afin d’éviter les problèmes de bruit de zoom mentionnés ci-dessus.

Je tâcherai d’emmener un extrait de ce que j’ai filmé lors d’une prochaine séance en club, à titre d’illustration.

A retenir

En résumé, voici ce qu’il faut retenir et savoir sur cette Sony NEX-VG10 :

  • Prise en main facile et rapide, quelques heures suffisent. Possibilité de réglages tout automatique (sauf le zoom), ou tout manuel.
  • Utilisation universelle (captation, fiction, reportage, etc).
  • Son intégré de très bonne qualité, mais attention au « poc » de fin de course du zoom.
  • Possibilité de brancher un casque et un micro, en mini-jack uniquement.
  • Mise au point difficile en automatique, le manuel est préférable dans certains cas (objets sur plusieurs plans notamment).
  • A ce jour (me corriger si ça a changé depuis), il n’y a pas de carte SD fournie par le club avec la caméra ; En prévoir une pour vos tournages. En outre pour les tournages mobiles, une seule batterie est disponible pour l’instant.

 

© J. Poirier